Ce n'est pas de l'amour, que l'amour qui change quand il voit un changement.


Love is not love which alters when it alteration finds,

or bends with the remover to remove.

Oh no, it is an ever fixed mark that looks upon tempests

and is never shaken.


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# Posté le mercredi 30 septembre 2009 17:57

Modifié le samedi 14 novembre 2009 12:08

When you will understand how perfect everything is you will tilt you head back and laugh at the sky.

When you will understand how perfect everything is you will tilt you head back and laugh at the sky.

# Posté le dimanche 30 août 2009 19:49

Modifié le dimanche 30 août 2009 20:04

"Chère imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas." A. Breton

*
As I walked out one evening,
Walking down Bristol Street,
The crowds upon the pavement
Were fields of harvest wheat.

And down by the brimming river
I heard a lover sing
Under an arch of the railway:
'Love has no ending.

'I'll love you, dear, I'll love you
Till China and Africa meet,
And the river jumps over the mountain
And the salmon sing in the street,

'I'll love you till the ocean
Is folded and hung up to dry
And the seven stars go squawking
Like geese about the sky.

'The years shall run like rabbits,
For in my arms I hold
The Flower of the Ages,
And the first love of the world.
'

But all the clocks in the city
Began to whirr and chime:
'O let not Time deceive you,
You cannot conquer Time.


'In the burrows of the Nightmare
Where Justice naked is,
Time watches from the shadow
And coughs when you would kiss.


'In headaches and in worry
Vaguely life leaks away,
And Time will have his fancy
To-morrow or to-day.

'Into many a green valley
Drifts the appalling snow;
Time breaks the threaded dances
And the diver's brilliant bow.

'O plunge your hands in water,
Plunge them in up to the wrist;
Stare, stare in the basin
And wonder what you've missed.


'The glacier knocks in the cupboard,
The desert sighs in the bed,
And the crack in the tea-cup opens
A lane to the land of the dead.

'Where the beggars raffle the banknotes
And the Giant is enchanting to Jack,
And the Lily-white Boy is a Roarer,
And Jill goes down on her back.


'O look, look in the mirror,
O look in your distress:
Life remains a blessing
Although you cannot bless.

'O stand, stand at the window
As the tears scald and start;
You shall love your crooked neighbour
With your crooked heart.
'


It was late, late in the evening,
The lovers they were gone;
The clocks had ceased their chiming,
And the deep river ran on.


As I Walked Out One Evening, W.H Auden, 1940.



Les trois âges (enfance, adolescence, vieillesse), Savaldor Dali, 1940.
"Chère imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas." A. Breton

# Posté le mardi 28 juillet 2009 21:06

Modifié le mercredi 29 juillet 2009 17:11

Soli Sol Soli

Soli Sol Soli

II

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de ta tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors

Tu vivras de la vie d'ici
Et de l'espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible

Et qui donc pense à ton visage ?

[Eluard]

# Posté le mercredi 15 juillet 2009 11:45

Modifié le mercredi 15 juillet 2009 14:04

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# Posté le samedi 11 juillet 2009 16:25

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 20:56

Historietas del viento, Federico Garcia Lorca (1921)


Viento estancado.
Arriba el sol.
Abajo
las algas temblorosas
de los álamos.
Y mi corazón
temblando.



Viento estancado
a las cinco de la tarde.
Sin pájaros.


Historietas del viento, Federico Garcia Lorca (1921)
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# Posté le mardi 23 juin 2009 21:33

Modifié le mardi 30 juin 2009 21:16

Mad girl love song / Sylvia Plath.

[...]

I shut my eyes and all the world drops dead;

I lift my lids and all is born again.

(I think I made you up inside my head.)



The stars go waltzing out in blue and red,

And arbitrary blackness gallops in:

I shut my eyes and all the world drops dead.



I dreamed that you bewitched me into bed

And sung me moon-struck, kissed me quite insane.

(I think I made you up inside my head.)



God topples from the sky, hell's fires fade:

Exit seraphim and Satan's men:

I shut my eyes and all the world drops dead.



I fancied you'd return the way you said,

But I grow old and I forget your name.

(I think I made you up inside my head.)



I should have loved a thunderbird instead

At least when spring comes they roar back again.


I shut my eyes and all the world drops dead.

(I think I made you up inside my head.)
.

[...]

# Posté le samedi 25 avril 2009 20:20

Modifié le jeudi 02 juillet 2009 13:19

Si c'est un homme.


Quels sont les mots suffisamment forts pour raconter et libérer la démence intérieure, celle introduite dans l'esprit humain par la violence physique, par les humiliations, par les trahisons, par la souillure de la honte et de la peur ? Quelle est la frontière entre l'homme civilisé et l'animal, entre le Moi et le ça, entre toute les pulsions humaines qu'il faut réprimer sous peine de sombrer dans la sous-humanité ? Jusqu'à quelle mesure peut-on réduire à néant un Homme, où se situe la frontière où le sentiment de toute la dignité durement accumulée durant toute une vie s'évanouit, pour laisser place à l'existence larvaire faisant suite à la déchéance de l'esprit et du corps ? Où commence la dignité humaine, et où s'arrête t-elle ? Quel est l'écart entre la théorie et la pratique, et laquelle de ces deux entités est la plus destructrice, quel concept domine l'autre ?

Pour veiller l'agonie des déluges, pour connaître la fin de l'absurde.

Si c'est un homme.

# Posté le jeudi 09 avril 2009 17:25

Modifié le vendredi 17 avril 2009 18:26


[...] Les mots qui, d'abord, semblent scandaleux, ne scandalisent plus du tout au bout d'un moment. Est-ce parce que notre intelligence est dépravée par l'habitude? Nullement. C'est simplement que les mots scandalisaient notre oeil ; mais ils n'ont jamais scandalisé notre esprit. Que les gens sans esprit continuent de se scandaliser ; ils ne comptent pas. Les gens d'esprit s'aperçoivent qu'ils ne sont pas scandalisés, qu'au fond ils ne l'ont jamais été... Et ils éprouvent une sensation de soulagement.

Et tout est là. En tant qu'être humains, nous sommes, aujourd'hui, évolués et cultivés bien au-delà des tabous qui sont inhérents à notre culture. Il est très important de reconnaître ce fait.

Pour les hommes des Croisades, les mots avaient sans doute une puissance d'évocation dont nous ne pouvons nous faire aucune idée. La puissance évocatrice des mots prétendus obscènes dut être très dangereuse pour les natures simples, obscures, violentes du moyen âge ; elle est peut-être encore trop forte, aujourd'hui, pour les natures basses, incomplètes, mal évoluées. Mais une vrai culture nous permet de ne donner à un mot que les réactions mentales et imaginatives qui appartiennent à l'intelligence, et nous épargne ces réactions physiques, violentes et irraisonnées, si menaçantes pour la décence sociale. Autrefois, l'homme avait l'esprit trop faible ou trop cru pour considérer son corps et ses fonctions corporelles sans s'embarrasser de mille réactions physiques dont il n'était pas le maître. Il n'en est plus ainsi. La culture et la civilisation nous ont enseigné à séparer le mot du fait, la réaction de l'acte ou des réactions physiques. Nous savons aujourd'hui que l'acte ne suit pas, nécessairement, la pensée. En réalité, pensée et action, mot et fait, sont deux formes séparées de la conscience, deux vies que nous menons séparément. Nous avons, très sincèrement, besoin de continuité. Mais, quand nous pensons, nous n'agissons pas, et quand nous agissons, nous ne pensons pas. La grande nécessité, c'est d'agir selon ses pensées, et de penser selon ses actes. Mais, tant que nous sommes en pensée, nous ne pouvons pas vraiment agir ; et tant que nous sommes en action, nous ne pouvons pas vraiment penser. Ces deux conditions, celle de la pensée et celle de l'action, s'excluent mutuellement. Pourtant, il faut qu'elles coexistent en harmonie. [...]

D.H Lawrence, préface de Lady Shatterley's lover.

# Posté le dimanche 12 avril 2009 14:54

Modifié le dimanche 12 avril 2009 20:48